Paroisse Saint-Michel
http://saintmichel-paris.fr/Edito-119
      DE L’ASCENSION A LA FÊTE DE L’EUCHARISTIE

DE L’ASCENSION A LA FÊTE DE L’EUCHARISTIE

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • réagir

C’est beau : la liturgie, dans la succession des fêtes depuis Pâques, nous fait parcourir une véritable formation permanente ! À l’Ascension, avec les Apôtres et autres disciples, nous perdons le ‘visage de Dieu’ qui a pu nous être imparti par toutes les expériences de notre histoire, et qui nous appartient. Puis nous nous risquons à assembler au Cénacle tous ces… ‘visages perdus’ de Dieu en Jésus-Christ, qui sont les nôtres, tels, en particulier, Thomas qui rejoint finalement tout le groupe, malgré et avec la grande particularité de son expérience et de son propre désir de Jésus. Enfin, la Pentecôte est l’épanouissement par chacun de sa ligne singulière dans la foi, où l’affrontement de ceux du dehors devient confrontation, concertation, invitation à ce qu’eux-mêmes se risquent à exposer les traits du visage de Dieu dont ils peuvent disposer. C’est la mission.


Alors, l’Eucharistie que nous fêtons en ce jour nous conforte dans ce parcours délicat depuis Pâques. Dans la préface qui débute la prière eucharistique, nous commençons par célébrer le dernier repas de Jésus avec les Apôtres, qui ouvre cette Pâque avec l’offrande et la demande de faire mémoire au long des temps du salut par la croix. Ainsi, nous sommes éclairés, unis, imprégnés de la grâce, connaissant déjà la vie du Royaume.
La table de ce si grand mystère commence à prendre sens pour nous, et bien simplement, si nous repartons du frugal repas, mais si vital, de la manne au désert de l’Exode, dont nous parle la première lecture. De plus, étonnamment, le récit de la cueillette de la manne (Ex 16, 17-18) nous précise que chacun se sert comme il veut et que cela lui convient exactement, qu’il ait pris peu ou beaucoup. Aujourd’hui, nos Eucharisties nous encouragent de même à nous assembler bien différents, comme au Cénacle d’hier, pour témoigner plus profondément que tous, selon leurs propres itinéraires, sont invités et peuvent y trouver sens pour leurs différentes vies.
En résistant au désert à la tentation, comme celle d’autrefois, d’accaparer le don de la manne (Ex 16, 19-20), le Christ nous montre l’enfermement possible dans notre manque et nous y arrache : il se fait ‘chair’, en son Incarnation, fragilité ; et il s’y tient – et il nous la donne, pour alimenter en nous ce courage de porter notre fragilité – et de la donner aux autres. En particulier, il se donne à nous en ce sacrement du Corps et du Sang, car son Incarnation s’est continuée en offrande de sa vie.
Le Père Vincent Batantou, commentant dimanche dernier l’icône de la Trinité de Roublev, montrait que les trois personnes divines centraient leurs regards vers le Christ, qui Lui regardait la coupe de l’Eucharistie, de l’Agneau immolé ; tous avec un air de concentration, d’infinie douceur, mais de gravité – presque de tristesse. Que notre participation à l’Eucharistie rayonne de cette beauté et bonté qui viennent de Dieu en sa communion la plus profonde et mène au Christ. Qu’elle en soit imprégnée, et devienne invitation à rejoindre cette communion.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Bonnenouvelle.fr

Saint(s) du jour

Lectures du jour